Les seniors toujours en reste de ce quinquennat

  1. Les seniors toujours en reste de ce quinquennat

Le chef de l’Etat enregistre une baisse de popularité , la plus forte chute pour un président après trois mois de pouvoir, à l’exception de Jacques Chirac en 1995. Le Premier ministre Edouard Philippe n’est pas épargner non plus par cette baisse de popularité. souligne l’Ifop.

« La meilleure façon de rester populaire, c’est de ne rien faire », une devise que le nouveau gouvernement ne semble pas  avoir adopté .

Le gouvernement ne flanche pas et affiche sa détermination à mener à bien ses réformes malgré les critiques contre sa politique de baisse des dépenses publiques.

Accusé de pénaliser les plus fragiles,certaines réformes sont nécessaires mais une carence de taille persiste.

Les seniors sont toujours en reste et n’ont toujours pas de ministre

Alors que le Gouvernement Edouard Philippe II est en place, si on peut se féliciter au premier abord d’une équipe resserrée et équilibrée, il n’en demeure pas moins qu’une carence de taille persiste : les seniors n’ont pas de ministre.

Et cela n’est pas si anecdotique ! Représentant un quart de la population française, la part des personnes âgées va considérablement augmenter dans les 40 prochaines années ; les estimations prévoient ainsi un passage au tiers de la démographie nationale.

La dépendance est devenue ces dernières années un sujet sociétal majeur. Aujourd’hui, plus d’un million de françaises et de français de plus de 60 ans se trouvent en situation de perte d’autonomie, et l’évolution de la dépendance est à la hausse. Sans compter les centaines de milliers de personnes atteintes par des maladies neurodégénératives, de type Alzheimer, qui nécessitent un suivi très particulier. L’accompagnement et la prise en charge sont donc des enjeux considérables tant pour les familles – qui sont les premiers aidants – que pour l’adaptation des politiques publiques à la réalité de la société, d’aujourd’hui et de demain.

Près de 4 millions de françaises et de français viennent en aide régulièrement à l’un de leurs aînés. Cet accompagnement se révèle bien évidemment très utile, c’est un socle de solidarité indispensable, mais il ne peut se substituer en totalité à une intervention professionnelle. Or, il devient assez urgent de revoir en profondeur tant la formation que la valorisation des aides à domicile, qui sont trop souvent des métiers déconsidérés.

Allocation personnalisée d’autonomie (APA)…

La question de la prise en charge des personnes âgées au titre de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), de la prestation de compensation du handicap (PCH) ou des services ménagers est au cœur des préoccupations des Départements. Nombreux services d’aide à domicile rencontrent de plus en plus de difficultés financières malgré une loi d’adaptation de la société au vieillissement votée durant le quinquennat précédent, qui a voulu améliorer la prise en charge à domicile sans s’en donner la totalité des moyens financiers nécessaire. Le compte n’y est pas ! Le Sénat l’avait déjà dénoncé lors de la discussion du texte à la Haute Assemblée. Une fois de plus, le Gouvernement fait porter la solidarité nationale par la solidarité départementale ! Derrière cette solidarité envers nos aînés, ce sont des milliers d’emplois dans chaque département qui sont en jeu.

Pourtant, si la prise en charge des seniors est avant tout un sujet sociétal et social, il est également économique. Et les perspectives induites par ce qui est désormais communément appelé la Silver economy sont assez nombreuses et intéressantes pour les entreprises tricolores. Lors du salon du service à la personne, tous ont pu constater l’incroyable développement de ce secteur. La France est pionnière en matière de savoir-faire, de nombreuses améliorations sont encore à prévoir dans la formation et les qualifications. Plus largement encore, le vieillissement de la population permet des innovations technologiques principalement dans la domotique qu’il faut saluer et encourager.

Prévision de l’augmentation de la CSG

La question des retraites ne peut non plus être éludée. Le projet du Président de la République prévoit l’augmentation de la CSG. Là encore, c’est inquiétant. En effet, si pour les salariés cette hausse devrait être compensée par une baisse des charges, pour les retraités ce ne sera pas le cas. Or nombre de seniors sont d’ores et déjà en situation de précarité. La pauvreté touche de plein fouet nos seniors. Une augmentation des petites retraites semble primordiale, ainsi que pour les pensions de réversion.

Ces moyens supplémentaires ne sauraient être envisagés sans l’ouverture d’un débat serein sur l’augmentation de l’âge légal du départ à la retraite. La plus grande prouesse de ces dernières années n’étant pas technologique, mais bien médicale, avec l’allongement de la durée de vie moyenne, il y a lieu d’entamer cette réflexion sans attendre. Ceci étant valable pour les seniors d’aujourd’hui comme ceux de demain. Chacun d’entre nous est donc concerné et responsable. La rentrée sera sans doute déterminante pour savoir si ce gouvernement répondra aux attentes des séniors.